Métabolisme

Score calcique coronaire : quand demander ce test à son médecin ?

Publié le 25 septembre 2026 3 min de lecture
En bref
  • Le score calcique coronaire (CAC) est un scanner rapide, non injecté et peu irradiant qui mesure les calcifications des artères coronaires.
  • Les recos 2026 de l'ESC le positionnent pour les patients asymptomatiques à risque cardiovasculaire intermédiaire au SCORE2 (2 à 10 %).
  • Un CAC à 0 peut faire repousser une statine ; un CAC supérieur à 100 (ou au 75e percentile pour l'âge et le sexe) fait envisager d'en prendre une.
  • Il ne guide que la décision de statine, pas la prise d'aspirine ni d'antihypertenseur en prévention primaire.
  • Un score élevé ne veut pas dire artère bouchée : le CAC mesure la calcification, pas l'obstruction.

Beaucoup de bilans cardiovasculaires atterrissent dans une zone grise : un pourcentage de risque à 10 ans ni assez bas pour être rassurant, ni assez haut pour trancher clairement en faveur d'un traitement. La Société Européenne de Cardiologie (ESC) a publié en 2026 de nouvelles recommandations sur la place du scanner cardiaque, qui précisent justement comment sortir de cette zone grise grâce à un examen d'imagerie particulier : le score calcique coronaire.

Mallordy F. « Scanner et pathologie cardiaque en pratique : recos ESC. » La Revue du Praticien, 21 septembre 2026, synthèse des recommandations 2026 de la Société Européenne de Cardiologie sur le scanner cardiaque. Lire l'article

Un scanner rapide, non injecté et peu irradiant

Le score calcique (CAC) est un type de scanner cardiaque non injecté qui quantifie précisément les calcifications présentes dans les artères coronaires : l'examen repère toutes les plaques calcifiées d'au moins 1 mm² et leur attribue un poids selon leur radiodensité (plus une plaque calcifiée apparaît dense sur l'image, plus elle compte dans le score final). C'est un examen très peu irradiant, moins de 1 mSv, à comparer aux 3 mSv d'un coroscanner (l'autre type de scanner cardiaque, celui-là injecté), une dose comparable à l'exposition naturelle moyenne annuelle en France. L'acquisition elle-même prend moins de dix minutes.

Doses d'irradiation et durée d'examen rapportées dans la même synthèse des recos ESC 2026 : Mallordy F., La Revue du Praticien, 21 septembre 2026 (référence citée en tête d'article).

Le score calcique ne renseigne pas sur d'éventuelles sténoses (un rétrécissement du calibre artériel) : c'est le coroscanner, injecté, qui sert à cela chez des patients déjà symptomatiques. Ce sont deux examens différents pour deux situations différentes : le score calcique s'adresse aux personnes sans symptôme, le coroscanner aux personnes qui ont des symptômes évocateurs comme des douleurs thoraciques.

La méthode de quantification par plaques ≥1 mm² pondérées par radiodensité (score d'Agatston) provient de : Agatston AS, Janowitz WR, Hildner FJ, Zusmer NR, Viamonte M Jr, Detrano R. « Quantification of coronary artery calcium using ultrafast computed tomography. » J Am Coll Cardiol. 1990;15(4):827-832, sur 584 sujets. doi:10.1016/0735-1097(90)90282-t

Pour qui, précisément, selon les nouvelles recos ESC

SCORE2 est l'outil de référence utilisé en Europe pour estimer, à partir de facteurs simples (âge, tension, cholestérol, tabac), le risque de faire un accident cardiovasculaire (infarctus, AVC) dans les 10 ans. Les recommandations européennes 2026 situent l'intérêt du score calcique chez les patients asymptomatiques dont ce risque SCORE2 est intermédiaire, c'est-à-dire estimé entre 2 et 10 % à 10 ans : ni assez bas pour rassurer d'emblée, ni assez haut pour trancher à lui seul. Il est aussi mentionné chez les personnes jeunes diabétiques : moins de 35 ans en cas de diabète de type 1, moins de 50 ans en cas de diabète de type 2, à condition que le diabète évolue depuis moins de 10 ans.

Le SCORE2 lui-même provient de : SCORE2 working group and ESC Cardiovascular Risk Collaboration. « SCORE2 risk prediction algorithms: new models to estimate 10-year risk of cardiovascular disease in Europe. » Eur Heart J. 2021.
Vous ne connaissez pas encore votre risque cardiovasculaire à 10 ans ? Le calculateur Zenit explique la logique du SCORE2 et renvoie vers l'outil officiel
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Comment interpréter le résultat

Un score calcique égal à 0 reclasse le risque cardiovasculaire à la baisse chez ces patients à risque intermédiaire, et peut légitimer de repousser l'introduction d'une statine. À l'inverse, un score supérieur à 100, ou supérieur au 75e percentile pour l'âge et le sexe du patient (c'est-à-dire plus élevé que celui de 75 % des personnes du même âge et du même sexe), reclasse le risque à la hausse et justifie d'envisager un traitement par statine.

Ce que le score calcique ne dit pas, et ne sert pas à décider

Avoir des artères calcifiées (athérosclérose, le dépôt progressif de plaques dans la paroi des artères) n'est pas la même chose qu'avoir une artère vraiment rétrécie au point de gêner le passage du sang (une sténose obstructive) : les deux sont liées mais pas superposables. Un patient peut avoir un score calcique élevé sans sténose obstructive, et inversement une sténose sans calcifications importantes. Le score calcique mesure la quantité de calcifications, pas le degré de rétrécissement artériel : ce sont deux informations différentes et complémentaires.

Autre limite à connaître : le score calcique n'a aucune utilité pour diagnostiquer un problème chez les patients déjà symptomatiques, il ne sert qu'à aider à décider d'un traitement chez des personnes sans symptôme. Et il ne sert pas à tout : les recommandations européennes et américaines ne le retiennent pas pour guider la prise d'aspirine ou d'un traitement antihypertenseur en prévention primaire, seulement la décision d'introduire ou non une statine. L'article souligne aussi que l'usage du score calcique fait l'objet de controverses dans la communauté médicale ; la décision finale reste celle du médecin, en fonction du profil global du patient.

En pratique

Si un bilan cardiovasculaire récent situe le risque à 10 ans quelque part entre 2 et 10 % (une zone grise fréquente), c'est exactement la situation où il est pertinent de demander à son médecin si un score calcique coronaire a du sens, avant de décider avec lui de prendre ou non une statine.

Questions fréquentes

Le score calcique (CAC) est un scanner cardiaque non injecté qui mesure précisément les calcifications des artères coronaires, en repérant toutes les plaques calcifiées d'au moins 1 mm² et en leur donnant un poids selon leur densité à l'image (plus une plaque paraît dense, plus elle compte dans le score). C'est un examen rapide (moins de 10 minutes) et peu irradiant (moins de 1 mSv).
Les patients asymptomatiques dont le risque cardiovasculaire à 10 ans (SCORE2) est intermédiaire, entre 2 et 10 %, ainsi que les personnes jeunes avec un diabète récent (moins de 35 ans pour un diabète de type 1, moins de 50 ans pour un diabète de type 2, diagnostiqué depuis moins de 10 ans).
Un score à 0 reclasse le risque cardiovasculaire à la baisse et peut légitimer de repousser l'introduction d'une statine. Un score supérieur à 100, ou au-delà du 75e percentile pour l'âge et le sexe (plus élevé que celui de 75 % des personnes comparables), reclasse le risque à la hausse et justifie d'envisager une statine.
Non, il vient en complément du SCORE2 dans la zone de risque intermédiaire, pas à sa place. Il ne sert par ailleurs qu'à la décision de traitement par statine : les recommandations européennes et américaines ne le retiennent pas pour guider la prise d'aspirine ou d'un traitement antihypertenseur en prévention primaire.
Non. Avoir des artères calcifiées (athérosclérose, le dépôt progressif de plaques dans la paroi des artères) n'est pas la même chose qu'avoir une artère vraiment rétrécie au point de gêner le passage du sang (une sténose obstructive) : un patient peut avoir un score calcique élevé sans sténose obstructive, et inversement une sténose sans calcifications importantes. Le score calcique mesure la quantité de calcifications, pas le degré de rétrécissement artériel : ce sont deux informations différentes.