Musculation et mortalité : la dose qui compte, selon une étude sur 147 000 adultes
- 147 374 adultes suivis jusqu'à 30 ans (trois cohortes américaines), 35 798 décès enregistrés sur la période.
- 90 à 119 minutes de musculation par semaine (deux à trois séances) associées à 13% de mortalité toutes causes en moins.
- Même dose : 19% de moins pour la mortalité cardiovasculaire, 27% de moins pour la mortalité neurologique.
- Aucun bénéfice supplémentaire observé au-delà de 120 minutes par semaine sur ces critères.
Une équipe de Harvard a suivi 147 374 adultes issus de trois grandes cohortes américaines pendant jusqu'à 30 ans pour déterminer si le temps consacré à la musculation était associé au risque de décès toutes causes confondues. L'étude, publiée en juin 2026 dans le British Journal of Sports Medicine, apporte l'un des jeux de données les plus longs jamais réunis sur ce sujet.
Une étude bâtie sur trois cohortes suivies depuis les années 1990
Les données proviennent de la Health Professionals Follow-up Study (1992-2022), de la Nurses' Health Study (2002-2021) et de la Nurses' Health Study II (2003-2021). Les 147 374 participants (31 540 hommes, 115 834 femmes) avaient en moyenne 54 ans à l'entrée dans l'étude. Sur la période de suivi, 35 798 décès ont été enregistrés. Les auteurs ont ajusté leurs résultats pour l'activité aérobie pratiquée par ailleurs, afin d'isoler l'effet propre de la musculation.
90 à 120 minutes par semaine : la zone où les bénéfices sont les plus élevés
Comparés aux personnes ne pratiquant aucune musculation, les participants déclarant 90 à 119 minutes par semaine, soit deux à trois séances de 45 à 60 minutes, présentaient le risque de mortalité le plus réduit sur les trois critères mesurés.
| Cause de décès | Réduction associée (90-119 min/sem.) |
|---|---|
| Toutes causes confondues | -13% |
| Cardiovasculaire | -19% |
| Neurologique | -27% |
À doses plus faibles, un effet est aussi observé sur la mortalité par cancer : -21% pour 1 à 29 minutes de musculation par semaine et -18% pour 30 à 59 minutes. Au-delà de 120 minutes par semaine, aucun bénéfice supplémentaire n'a été mesuré sur ces critères. Cela ne signifie pas qu'un volume d'entraînement plus élevé serait néfaste, seulement que l'effet observé dans cette étude atteint un plateau.
L'effet le plus fort apparaît en combinant musculation et endurance
Les réductions de risque les plus importantes de l'étude ne viennent pas de la musculation seule. Chez les participants cumulant au moins 45 MET-heures d'activité aérobie par semaine, la mortalité toutes causes était réduite de 53% à 58% lorsqu'ils pratiquaient aussi de la musculation, quel que soit son volume. Les auteurs concluent que la musculation continue de réduire le risque de mortalité à chaque niveau d'activité aérobie mesuré, ce qui plaide pour combiner les deux formes d'entraînement plutôt que de les opposer.
Les limites à connaître
Il s'agit d'une étude observationnelle : elle établit une association statistique, pas une preuve de causalité. La population étudiée est composée de professionnels de santé américains, très majoritairement des infirmières (79% de femmes), avec un âge moyen de 54 ans au départ, ce qui limite la généralisation à d'autres populations. L'activité physique est autodéclarée par questionnaire, et l'étude ne mesure ni l'intensité des séances ni les charges utilisées, seulement le temps hebdomadaire rapporté.
En pratique
Deux séances de musculation de 45 à 60 minutes par semaine suffisent à atteindre la zone où les bénéfices mesurés dans cette étude sont les plus élevés. La régularité semble compter davantage que le volume : au-delà de 2 heures par semaine, aucun gain supplémentaire n'a été observé sur la mortalité. Et si vous pratiquez déjà une activité d'endurance, l'ajout de musculation reste associé à un bénéfice supplémentaire à chaque niveau d'aérobie, ce qui en fait un complément plutôt qu'une alternative.