Nutrition

Horaires des repas et risque cardiovasculaire : ce que montre une étude suédoise

Publié le 25 septembre 2026 3 min de lecture
En bref
  • Sauter le petit-déjeuner est associé à un cholestérol total plus élevé de 0,12 mmol/L, et chez les hommes à un LDL plus élevé de 0,15 mmol/L.
  • Le meilleur profil HDL est observé chez les personnes prenant en moyenne 4,7 repas par jour.
  • Chaque heure de fenêtre alimentaire en plus (du premier au dernier repas) est associée à 7 % de risque en moins de syndrome métabolique.
  • Un premier repas plus tardif est associé à +9 % de risque de syndrome métabolique par heure de retard.
  • Un « point médian énergétique » tardif est associé à +31 % de risque de maladie cardiovasculaire incidente, un résultat à la limite de la significativité statistique.

On parle beaucoup de ce qu'il faut manger, beaucoup moins de quand le manger. Une étude suédoise menée dans le cadre de la Malmö Offspring Study a suivi 3 812 adultes de 18 à 75 ans, qui ont rempli un carnet alimentaire numérique sur 4 jours et fourni un bilan sanguin à jeun. Les chercheurs ont croisé ces horaires de repas avec des marqueurs de risque cardiovasculaire en analyse transversale, et avec la survenue réelle de maladies cardiovasculaires en analyse cas-témoins nichée prospective.

Schultz J, Moraeus L, Hellstrand S, Lindroos AK, Warensjö Lemming E. « Associations between temporal meal patterns, cardiovascular risk factors and cardiovascular disease in Swedish adults: cross-sectional and nested case-control analyses. » Eur J Nutr. 2026;65(7):264. doi:10.1007/s00394-026-04118-0

Concrètement, les chercheurs ont testé quatre questions distinctes, chacune avec son propre résultat ci-dessous : le nombre de repas par jour change-t-il le profil de cholestérol et le risque de syndrome métabolique ? Sauter le petit-déjeuner a-t-il un coût mesurable sur ces mêmes marqueurs ? La largeur de la fenêtre alimentaire (le nombre d'heures entre le premier et le dernier repas de la journée) et l'heure du premier repas comptent-elles aussi ? Et surtout, un repas « centre de gravité » tardif dans la journée est-il lié non plus à un simple marqueur sanguin, mais à un vrai risque de maladie cardiovasculaire ?

La fréquence des repas compte pour le cholestérol

La relation entre nombre de repas et cholestérol HDL (le « bon » cholestérol) n'est pas linéaire : le taux de HDL le plus élevé est observé chez les personnes qui prennent en moyenne 4,7 repas par jour. Chaque prise alimentaire supplémentaire dans la journée est associée à 15 % de risque en moins de syndrome métabolique.

Sauter le petit-déjeuner a un coût mesurable

Les personnes qui sautent le petit-déjeuner ont un cholestérol total plus élevé de 0,12 mmol/L en moyenne, et chez les hommes un LDL (le « mauvais » cholestérol) plus élevé de 0,15 mmol/L. En revanche, sauter le petit-déjeuner n'est pas associé statistiquement au syndrome métabolique dans cette étude.

La largeur de la fenêtre alimentaire compte aussi

Chaque heure supplémentaire de fenêtre alimentaire (le nombre d'heures entre le premier et le dernier repas de la journée) est associée à un cholestérol total et LDL plus bas, et à 7 % de risque en moins de syndrome métabolique. À l'inverse, commencer à manger plus tard dans la journée est associé à un risque de syndrome métabolique plus élevé de 9 % par heure de retard du premier repas.

Le résultat le plus important : un vrai événement cardiovasculaire, pas seulement un marqueur sanguin

Les chercheurs ont calculé un « point médian énergétique », c'est-à-dire l'heure de la journée qui divise en deux parts égales l'apport calorique quotidien. Un point médian énergétique plus tardif est associé à 31 % de risque en plus de maladie cardiovasculaire incidente, en analyse cas-témoins nichée prospective. C'est le seul résultat de cette étude qui porte sur un événement cardiovasculaire réel, et non sur un simple marqueur sanguin intermédiaire, mais l'intervalle de confiance à 95 % de ce risque va de 1,00 à 1,74 : la borne inférieure touche tout juste 1, ce qui signale un résultat à la limite de la significativité statistique, à interpréter avec prudence.

En pratique

Pris ensemble, sans jeûne intermittent strict ni restriction calorique imposée, ces résultats vont dans le même sens : prendre un vrai petit-déjeuner, ne pas retarder son premier repas, et étaler ses prises alimentaires sur une fenêtre plus large plutôt que concentrée en fin de journée, sont associés à un profil cardiométabolique plus favorable dans cette cohorte suédoise.

Deux réserves à garder en tête : l'étude est en grande partie observationnelle, transversale pour le cholestérol et le syndrome métabolique, cas-témoins nichée pour l'événement cardiovasculaire, pas un essai contrôlé randomisé. Elle ne prouve donc pas formellement qu'un changement d'horaire de repas cause une baisse de risque, seulement qu'il existe une association. La population étudiée est suédoise, avec des horaires de repas culturellement différents des horaires français, ce qui invite à nuancer la transposition directe des heures précises.

Questions fréquentes

Oui. Dans la Malmö Offspring Study (n=3812), sauter le petit-déjeuner est associé à un cholestérol total plus élevé de 0,12 mmol/L en moyenne, et chez les hommes à un LDL plus élevé de 0,15 mmol/L. En revanche, ce n'est pas associé statistiquement au syndrome métabolique dans cette étude.
Le taux de cholestérol HDL (le « bon » cholestérol) le plus élevé est observé chez les personnes prenant en moyenne 4,7 repas par jour. Chaque prise alimentaire supplémentaire dans la journée est associée à 15 % de risque en moins de syndrome métabolique.
Oui. Chaque heure supplémentaire entre le premier et le dernier repas de la journée est associée à un cholestérol total et LDL plus bas, et à 7 % de risque en moins de syndrome métabolique. À l'inverse, commencer à manger plus tard dans la journée est associé à un risque de syndrome métabolique plus élevé de 9 % par heure de retard du premier repas.
L'étude a calculé un « point médian énergétique » (l'heure qui divise en deux l'apport calorique quotidien). Un point médian plus tardif est associé à 31 % de risque en plus de maladie cardiovasculaire incidente en analyse prospective, mais l'intervalle de confiance à 95 % (1,00 à 1,74) touche tout juste 1, un résultat à la limite de la significativité statistique à interpréter avec prudence.
Non, l'étude ne teste ni jeûne intermittent ni restriction calorique. Elle observe des associations entre horaires de repas habituels et marqueurs cardiométaboliques : prendre un vrai petit-déjeuner, ne pas retarder son premier repas et étaler ses prises alimentaires sur une fenêtre plus large plutôt que concentrée en fin de journée, sans imposer de fenêtre courte ni de jeûne strict.